Tout d'abord, j’avais essayé de porter plainte au commissariat de ma ville, mais je m’étais fait remballé comme une vieille chaussette par un standardiste au moins aussi aimable qu’une plaque d’égout. Ecoeuré, je décidais donc d’aller porter plainte dans une ville plus grande : ma ville ne compte qu’à peu près 35.000 habitants, je décidais donc d’aller dans la ville voisine, environ trois fois plus grande.
Mais comme je ne savais pas où était le commissariat, c'est mon colocataire, qui n'a strictement aucun sens de l'orientation (mais ça je l’apprendrais pas la suite), qui m'a indiqué l'emplacement du commissariat.
Bien qu'il y était allé 2 jours plus tôt (oui, car lui aussi c'est fait voler son téléphone portable récemment!), il ne se souvenait plus trop de l'itinéraire... Qu'à cela ne tienne, ces indications me suffiront : "Après la gare, tu continues un peu, tu passes devant la Poste et c'est là, juste après"... Mouai, on fera avec!
Je vais donc à l'endroit que mon coloc m'avait indiqué, mais ne trouve rien. Je décide alors de m'arrêter et de mettre pour 1h30 dans l'horodateur. Quoi ?! 2€50 !!! Mais c’est du vol ! Mais bon, pas le choix…

Après avoir tourné en rond pendant une bonne dizaine de minutes, je tombe finalement sur deux policiers de la Police Municipale. Première nouvelle : il n’y a aucun commissariat dans le coin, mon coloc s’est planté ! Enfin bon, sympa comme ils sont, ils m’indiquent tout de même la direction de leur bâtiment où, selon eux, je pourrais porter plainte pour mon vol de téléphone portable.
D’un pas décidé, j’y vais… pff, c’est loin…
Voilà ! Quinze minutes de marche plus tard, j’y suis. Evidement, samedi après midi oblige, il est fermé. Mais, motivé comme je suis, je sonne. A l’interphone, une voix déjà trop méprisante me répond :

  • (moi) Bonjour, je viens pour porter plainte suite au vol de mon téléphone portable.
  • ((eux) Ha mais non, ici c’est la Police Municipale, on ne fait pas ça ici !
  • Mais j’ai croisé deux de vos agents avant qui m’ont dit que je pouvais quand même faire ça à la Police Municipale !
  • Mais non monsieur, on ne fait pas ça ici, bonne journ’… CLIC ! le gars ne s’est même pas donné la peine de finir sa phrase avant de couper l’interphone !
bon… je commence déjà à être un peu plus énervé là !
Je retourne à ma voiture, et me décide de tourner un peu pour essayer de retrouver ce commissariat dont mon coloc m’a parlé.

Un moment, je passe devant un mini truc tout délabré sur lequel il y a marqué « Police Nationale », mais l’endroit n’a vraiment pas l’air ouvert : grillage partout, vitres peintes de l’intérieure, murs qui tombent en charpie, enseigne lumineuse qui, même si elle marchait n’éclairerait rien tellement qu’elle est sale, herbe qui pousse devant sur le trottoir… je me dis qu’il s’agit de leur anciens locaux et ne m’arrête pas.
Après avoir tourné pas loin de 30 minutes, je tombe finalement par hasard (et grâce à de nombreuses indications de passants, car il n’existe pratiquement aucun panneau dans cette ville !) sur le commissariat central. Je me gare et rentre. Quelques personnes sont assises, je vais voir directement la standardiste. Je lui dis pourquoi je suis là, et elle me demande ma carte d’identité pour pouvoir m’inscrire. Pendant qu’elle m’inscrit, je lui demande quand je passerais : « Pas avant 2 heures au moins ! » « Quoi ?! 2h d’attente ! Mais il sera 18h ! » « ha, effectivement, alors il est même possible que vous ne passerez plus aujourd’hui et qu’on doive fermer » « ! »
Je lui raconte mes mésaventures et elle m’indique finalement un autre commissariat qui ne fait QUE prendre les plaintes… « Quoi ?! Au centre ville ? Vous ne parlez pas du truc fermé tout de même, non ?!! » « Si si, ne vous inquiétez pas, il n’est pas fermé, et il aura tout le temps nécessaire puisqu’il ne fait que prendre les plaintes… »

Enervé, je retourne à ma voiture, fait le chemin inverse et vais dans ce taudis qui sert de commissariat. Après avoir été bloqué 2 minutes dans un sas à la con (deux grilles en acier séparé de 50 centimètres, pas assez large pour que j’y rentre avec mon sac à dos sur le dos !), un mec m’ouvre. Effectivement, il est seul. Grand, cheveux noir certainement teint, jean noir, col roulé noir et hoster (vide) par-dessus, grosses lunettes de soleil type aviateur (alors qu’aucune lumière n’est allumé à l’intérieur et que les vitres sont peintes !)… typiquement le branleur de flic que les humoristes pastichent ! Sans déconner, je croyais que c’était pour une caméra cachée et que le flic était en fait Kad ou Olivier avec une perruque !
Mais non, pas du tout … aucun sens de l’humour perceptible chez ce flic.
Je lui dis que je viens porter plainte ; il ne me regarde même pas et me dit juste « ha non, pas aujourd’hui » ! Énervé, je pète un peu un plomb et lui dis que j’ai été envoyé par le commissariat central. Le mec ne se démonte pas et m’envoi chier en me disant de revenir lundi. « Mais lundi ça ne sera pas possible [gros naz], je bosse ! » « Bin repassez alors demain (=dimanche, pour toi cher lecteur déjà très patient d’avoir lu jusqu’ici !) ! »
Pfff, mais quelle bande de bras cassé ces keufs, je retourne au commissariat central ! Une heure de perdue pour rien!
Bon, là ça se passe mieux, je n’ai plus qu’un trentaine de minute à attendre avant de passer en audition. Là par contre, je n’ai rien à redire, je suis tombé sur un homme très courtois, le Capitaine de Police P. Cw*k*wsk* (mot compte triple au scrabble, mais je ne veux pas qu’il me retrouve sur Google !). Je lui explique mon soucis et mes déboires, on fait notre procès verbal et il finit en me promettant que cette histoire de branleur qui ne veut pas recevoir ma plainte se fera sonné les cloches par lui en personne (et surtout qu’il m’explique que le petit commissariat est fermé le dimanche, donc ça ne m’aurait servi à rien de revenir le lendemain !). Parce qu’attention, le policier qui a pris ma déposition est le responsable de tout le commissariat. Je me suis fait prendre par le type le plus haut gradé de toute la région car tout le monde était occupé et qu’il voulait se changer un peu les idées ! Cool, ça va chauffer pour tous ceux qui ont fait leurs planqués à vouloir partir plus tôt en weekend ! Haaa, il y a enfin une Justice !

Enfin justice… lorsque je lui ai demandé ce qu’ils feront maintenant que je leur ai donné toutes les informations pour retrouver le téléphone volé : « rien du tout Monsieur. Les opérateurs nous facturent plusieurs centaines d’euros les recherches de téléphones volés, alors nous ne cherchons plus à les récupérer ! »
Quoi ?! Mais quel était l’intérêt de porter plainte alors ?! Aucun…ha si, à faire augmenter leur statistiques ! Pff, une journée de perdue pour rien, mais alors rien du tout. (il est 18h en plus…alors que j’avais commencé à 14h).

Moralité, si vous vous faites voler votre portable : vous l’avez bien profond dans le cul, il ne sera pas bloqué et personne n’essayera jamais de le retrouver.
Inversement, si un jour on vous propose un téléphone portable volé, n’hésitez pas à l’acheter ! Sérieusement, aucun problème pour trouver les accessoires –en particulier le chargeur- sur internet, et aucun souci avec la Police ! Pff, si je n’avais pas été aussi con pour en racheter un neuf immédiatement après m’être fait volé le mien, c’est comme ça que j’aurai fait ! Pff, mais quel citoyen niais je fais… Merde !

Sur ce, je vous laisse, j’ai un appel à passer… 